MEETING
CHARLIE PARR UN FILM DE FRANÇOIS-XAVIER DUBOIS CHARLES DUBOIS JULIEN BERTRAND NICOLAS REVERCHON

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II . Brooklyn(s)

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Notre première journée de tournage commence sous un beau ciel bleu à Bushwick, Brooklyn. À quelques blocs de notre appartement, nous retrouvons dans son atelier un sculpteur - Tyrome - pour une première interview. Un grand garage où en hauteur s'entrepose une diversité d'objets en plastique, la matière première de ses œuvres. Quelques-une sont accrochées au mur et nous découvrons la richesse de son univers artistique, son amour pour la valeur cachée des rebuts qu'il utilise. Tyrome est loquace et souriant, et on ne pouvait espérer meilleur premier contact.

 

En début d'après midi nous arpentons les rues de Bushwick, nous nous imprégnons de cette ambiance unique : façades peintes aux couleurs de Porto Rico, basses assourdissantes de quelques voitures, vendeurs de fruits au coin de la rue...

 

Sous le métro, une échoppe mexicaine concocte des tacos avec, devant, quelques tables et chaises en plastique, où nous rencontrons Rosita, chaleureuse dame d'une cinquantaine d'années. Nous parlons brièvement de son arrivée à Brooklyn, de son attachement au quartier et de son association pour venir en aide aux mal-logés. Belle rencontre tout en espagnol, à l'image de ce quartier où certains blocs semblent ne jamais parler anglais.

 

Et puis vient le moment d'aller revoir Dan et Dorian, deux jeunes musiciens rencontrés la veille au soir. Nous nous retrouvons à Prospect Park, dans un quartier aux antipodes de ceux que nous avons déjà vus. Ici, les maisons de brique sont cossues, la population rassemble une génération de trentenaires plutôt aisés venus élever leurs enfants dans un cadre vert, plus proche du sud bourgeois de Manhattan que de la mosaïque de Bushwick.

 

Les deux amis nous confient leurs doutes de musiciens, l'ambiance de compétition qui peut régner entre une myriade d'artistes venus dans le nouvel eldorado new-yorkais pour y chercher reconnaissance et carrière artistique. Un discours lucide sur le renchérissement des loyers inéluctable lorsque l'arrivée des artistes rend un quartier jadis bon marché à la mode et convoité.

 

Dans le métro qui nous ramène à la maison, on ne peut s'empêcher de se perdre dans le décor au loin : Manhattan et ses tours imposantes, quelques zones industrielles en dessous de nous, et ce ciel gris de fin de journée...La soirée nous réserve encore quelques surprises musicales – free jazz burlesque – avant que la journée ne se referme sur cette douce pensée voyageuse : tout ne fait que commencer.

 

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